Écrire ses posts LinkedIn avec ChatGPT en gardant votre propre voix

Trois prompts pour passer de vos notes à un post, la liste des tournures à retirer, ce que LinkedIn demande pour les textes et les images générés, et les accords à obtenir avant de montrer un client.

Oui, ChatGPT peut vous aider à écrire vos posts LinkedIn, à condition de lui donner la matière : vos notes, une anecdote vraie, ce que vous en avez retenu. Laissez-le mettre en ordre et couper, puis réécrivez avec vos mots et retirez les tournures qui sentent la machine. LinkedIn ne l’interdit pas. Son aide demande que le contenu reflète votre point de vue et votre expérience, et rappelle que vous êtes responsable de ce que vous publiez. Une image générée qui pourrait passer pour une vraie photo se signale. Un client ou un salarié montré en photo doit avoir donné son accord.

Ce que LinkedIn dit des posts écrits avec l’IA

La page d’aide de LinkedIn sur les contenus créés avec l’aide de l’IA, consultée le 31 octobre 2026, tient en quelques consignes. L’IA peut servir à reformuler, corriger, raccourcir. Le contenu doit venir de votre perspective et de votre expertise : LinkedIn dit juger un post sur ce qu’il apporte, quelle que soit la façon dont il a été écrit. Relisez, modifiez et validez tout texte préparé avec l’IA, car vous en êtes responsable. Si vous vous êtes beaucoup appuyé sur l’IA et que cela ne se voit pas, LinkedIn suggère de le dire. Enfin, le post ne doit porter atteinte aux droits de personne, propriété intellectuelle et vie privée comprises.

Les conditions d’utilisation de LinkedIn, en vigueur depuis le 3 novembre 2025, disent la même chose de ses propres fonctions d’IA : le texte généré peut être inexact ou trompeur, il faut le relire et le corriger avant de le partager.

LinkedIn a aussi ajouté un retour « Seems like AI slop » (libellé de l’aide en anglais) dans le menu Plus d’un post ou d’un commentaire, en haut à droite. Il vise le contenu peu travaillé, probablement généré par IA, soigné en apparence mais sans point de vue ni fond. D’après l’aide, ce retour sert à améliorer le fil et ne constitue pas un signalement d’infraction. Si un post en reçoit assez, son auteur peut voir une indication « Seems like AI » dans les statistiques du post, sans que le post soit retiré. Dans une annonce du 15 septembre 2026, LinkedIn dit utiliser des classificateurs pour repérer ces contenus et limiter leur diffusion.

Côté outils, LinkedIn a remplacé sa fonction d’amélioration des posts par un correcteur, Post proofreader. Il propose trois actions (corriger, raccourcir, clarifier), montre chaque modification avant de l’appliquer et n’écrit pas à votre place. Au 31 octobre 2026, il est réservé aux abonnés Premium Career et Premium Business, et ne traite que les brouillons en anglais. Un post en français se prépare donc dans ChatGPT, Claude, Gemini ou Le Chat, puis se colle dans LinkedIn.

Exemple fictif : un chauffagiste et ses notes de chantier

Sébastien dirige une entreprise de chauffage de cinq personnes. Il voudrait publier chaque semaine et n’en trouve jamais le temps. Un soir, il dicte une note sur son téléphone : « Chaudière gaz remplacée par une pompe à chaleur, maison des années 70. La cliente pensait que ses radiateurs en fonte devaient partir. On les a gardés, il a fallu recalculer pièce par pièce. Trois jours au lieu de deux. Elle avait chaud dès le premier soir. »

Il y a là de quoi écrire : une idée reçue, une décision, un résultat constaté. Ce qui ne doit pas y figurer : le nom de la cliente, sa commune, la photo de sa maison. Si Sébastien demande seulement « écris un post sur les pompes à chaleur », l’assistant lui rendra des généralités sur les économies d’énergie, sans rien de ce chantier.

La méthode, de la note au post

1. Garder la matière au fil des semaines

Notez sur le moment ce qui vous a fait réagir : une question de client, une erreur évitée, un devis refusé et pourquoi, un fournisseur qui vous a dépanné. Une ligne suffit, avec le fait et ce que vous en pensez. Rangez tout au même endroit, par exemple un document « idées de posts ».

2. Montrer à l’assistant votre façon d’écrire

Choisissez deux ou trois textes que vous avez écrits seul : un ancien post, un mail à un client, un message à l’équipe. Ils montrent vos phrases et votre vocabulaire. Si vous publiez souvent, déposez-les une fois pour toutes dans un projet ChatGPT ou Claude, avec vos consignes : le guide organiser son travail en projets ChatGPT et Claude montre comment.

3. Faire préparer un premier jet

Collez vos notes et vos exemples, puis donnez des règles précises.

Voici mes notes brutes sur [sujet]. Aide-moi à en faire un post
LinkedIn que je publierai sous mon nom.
Notes : « [coller vos notes] »
Exemples de ma façon d’écrire : « [coller 2 ou 3 textes à moi] »
Règles :
- Garde mes mots et mes expressions quand ils sont dans les notes.
- N’ajoute aucun fait, chiffre, client ou résultat absent des notes.
S’il manque une information, pose-moi la question.
- 120 à 200 mots, paragraphes de deux ou trois phrases.
- Pas d’emoji, pas de question d’accroche, pas de liste de hashtags.
- Pas de phrase construite en « ce n’est pas X, c’est Y ».
- Pas de morale en dernière ligne, pas de « Et vous ? ».
Propose deux versions, l’une plus courte que l’autre.

Quand vous n’avez qu’une idée vague, demandez plutôt à l’assistant de vous interroger. Vos réponses deviendront les notes du premier prompt.

Je veux écrire un post LinkedIn sur [sujet], mais mes idées sont
encore vagues. Pose-moi cinq questions, une à la fois, pour retrouver
un exemple précis : ce qui s’est passé, ce que j’ai décidé, ce que
j’en retiens. N’écris pas le post avant que j’aie tout répondu.

4. Réécrire avec vos mots

Lisez le premier jet à voix haute. Toute phrase que vous ne diriez pas à un client au comptoir se réécrit ou se coupe. Remettez vos expressions, vos vrais chiffres, votre façon de saluer.

Pour la relecture, demandez un avis sans réécriture : l’assistant montre les endroits à reprendre, vous corrigez.

Relis ce brouillon de post LinkedIn. Ne le réécris pas.
Liste seulement :
- les phrases qui sonnent comme un texte généré par IA, et pourquoi ;
- les affirmations qui demandent une source ou un chiffre vérifié ;
- les détails qui pourraient identifier un client ou un salarié.
Brouillon : « [coller le texte] »

Repérer les tics d’écriture de l’IA

Les assistants reviennent souvent aux mêmes tournures. Une seule ne gêne pas. Plusieurs dans un post de quinze lignes lui donnent un ton lisse, interchangeable. Cherchez :

  • l’opposition fabriquée : « ce n’est pas une question de prix, c’est une question de confiance » ;
  • la chute : chaque paragraphe se termine sur une petite maxime ;
  • les séries de trois : trois adjectifs, trois exemples, trois paragraphes de même longueur ;
  • l’accroche en question (« Et si… ? ») suivie de lignes d’une phrase empilées ;
  • le vocabulaire gonflé : « crucial », « incontournable », « booster », « levier », « écosystème » ;
  • les emojis en guise de puces et la liste de hashtags en fin de post ;
  • la fin en « Et vous ? », qui pourrait conclure n’importe quel post.

La correction est presque toujours la même : remplacer la formule par un fait. « Nous plaçons l’humain au cœur de nos chantiers » devient « On appelle le client la veille pour confirmer l’heure d’arrivée ».

Au 31 octobre 2026, OpenAI indique que, dans l’Union européenne, le texte produit par ChatGPT porte un filigrane invisible, inscrit dans le choix des mots, pour répondre à l’AI Act. Son outil de détection est réservé pour l’instant à des organismes de recherche.

Images générées : ce qu’il faut savoir et dire

Selon l’aide d’OpenAI, les images créées avec ChatGPT portent des Content Credentials (norme C2PA) et un filigrane SynthID. LinkedIn affiche une icône sur les images et vidéos qui contiennent ces informations C2PA ; un clic indique l’outil utilisé et si l’IA a servi à créer ou modifier le contenu. Ces métadonnées se perdent par une capture d’écran ou une conversion de fichier, et LinkedIn précise qu’il ne peut pas repérer et signaler tous les contenus générés par IA. Ne comptez donc pas sur l’icône pour informer vos lecteurs.

Une image réaliste qui pourrait passer pour une vraie photo doit être signalée. La règle de LinkedIn sur les contenus faux ou trompeurs demande en général d’indiquer qu’un média est faux ou modifié, sauf parodie évidente. L’article 50 de l’AI Act, applicable depuis le 2 août 2026, impose à celui qui diffuse un hypertrucage (image, son ou vidéo qui ressemble à des personnes, lieux ou événements existants et pourrait passer pour authentique) d’indiquer qu’il a été généré ou manipulé. Écrivez-le dans le post, près de l’image : « Image générée par IA ».

Ne faites jamais figurer une vraie personne dans une image générée sans son accord : salarié, client, confrère. Depuis la loi du 21 mai 2024, l’article 226-8 du code pénal punit la diffusion, sans le consentement de la personne, d’un contenu visuel ou sonore généré par un traitement algorithmique qui représente son image ou ses paroles, s’il n’apparaît pas à l’évidence qu’il est généré ou si aucune mention ne l’indique. Peine : un an d’emprisonnement et 15 000 € d’amende, deux ans et 45 000 € quand la diffusion se fait en ligne. Pour les logos et l’imitation d’une marque, le guide droit d’auteur et contenus générés par IA détaille les risques.

Vos clients et vos salariés dans vos posts

Pour une vraie photo, l’IA ne change rien. Service-public.fr rappelle qu’il faut l’accord écrit d’une personne reconnaissable pour utiliser son image, et que cet accord précise le support, l’objectif et la durée de diffusion. Dans un lieu public, l’accord est nécessaire dès que la personne est isolée et reconnaissable. Pour un salarié sur un chantier ou un client devant sa nouvelle cuisine, demandez par écrit, en citant LinkedIn.

Le texte demande la même prudence. Avant de nommer un client, une entreprise cliente ou un montant, demandez l’accord du client et relisez votre contrat : une clause de confidentialité peut l’interdire. Le guide secret des affaires et confidentialité face à l’IA aide à repérer ces clauses. Dans l’assistant, collez vos notes sans nom ni adresse ; le guide anonymiser un document avant ChatGPT montre comment préparer une copie.

Vérifier avant de publier

  • Chaque chiffre, date ou règle cité vient d’une source que vous avez ouverte vous-même. Un assistant peut inventer une statistique plausible : le guide vérifier les réponses de ChatGPT donne la méthode.
  • Le post ne promet rien que vous ne tenez pas : délai, économie, garantie.
  • Aucun client n’est reconnaissable sans son accord, ni dans le texte ni sur l’image.
  • L’image est une vraie photo, ou elle est signalée comme générée.
  • Vous signeriez chaque phrase devant le client dont il est question.

Un rythme que vous pouvez tenir

Choisissez une fréquence qui suit votre activité : un post par semaine si vos chantiers vous donnent de la matière, deux par mois sinon. Réservez par exemple une demi-heure en fin de semaine pour relire vos notes, préparer un ou deux posts et les réécrire. LinkedIn permet de les programmer depuis la fenêtre de création d’un post, avec l’icône en forme d’horloge, entre 10 minutes et 3 mois à l’avance (aide consultée le 31 octobre 2026).

Les semaines sans matière, sautez la publication plutôt que de faire inventer un sujet par l’assistant.

Quand demander de l’aide

Pour une campagne publicitaire ou un témoignage client filmé, faites relire par quelqu’un qui connaît le droit à l’image. Pour un post qui informe sur une question d’intérêt public, comme une aide ou une réglementation, le guide l’AI Act pour une PME explique quand l’article 50 demande d’indiquer l’origine d’un texte.

Questions fréquentes

LinkedIn pénalise-t-il les posts écrits avec ChatGPT ?

LinkedIn n’interdit pas l’aide d’une IA. Son aide indique qu’il juge un post sur ce qu’il apporte, quelle que soit la façon dont il a été écrit. En revanche, les membres peuvent signaler un contenu « Seems like AI slop », et LinkedIn annonce limiter la diffusion des contenus peu travaillés, sans point de vue.

Faut-il indiquer qu’un post LinkedIn a été écrit avec l’IA ?

Pour un texte que vous avez relu et signé, LinkedIn ne l’exige pas : son aide suggère de le dire si vous vous êtes beaucoup appuyé sur l’IA et que cela ne se voit pas. Pour une image réaliste générée ou modifiée, la mention est demandée par les règles de LinkedIn et par l’article 50 de l’AI Act.

Comment faire pour que ChatGPT écrive comme moi ?

Donnez-lui vos notes, deux ou trois textes que vous avez écrits seul, et des règles précises : garder vos mots, ne rien inventer, pas d’emoji ni de formule toute faite. Relisez ensuite à voix haute et réécrivez chaque phrase que vous ne diriez pas vous-même.

Peut-on mettre une image générée par IA dans un post LinkedIn ?

Oui. Si l’image peut passer pour une vraie photo, écrivez qu’elle est générée par IA. N’y faites jamais figurer une personne réelle sans son accord : l’article 226-8 du code pénal punit la diffusion d’un tel contenu sans consentement quand son origine n’est ni évidente ni mentionnée.

LinkedIn a-t-il un outil d’IA pour écrire ses posts ?

LinkedIn propose Post proofreader, un correcteur qui corrige, raccourcit ou clarifie un brouillon sans l’écrire à votre place. Au 31 octobre 2026, il est réservé aux abonnés Premium Career et Premium Business et ne fonctionne que pour les brouillons en anglais.

Peut-on publier la photo d’un client ou d’un salarié sur LinkedIn ?

Seulement avec son accord écrit, qui précise le support, l’objectif et la durée de diffusion. Dans un lieu public, l’accord est nécessaire dès que la personne est isolée et reconnaissable. Pour nommer un client, demandez-lui aussi et vérifiez votre contrat.

Sources consultées le 31 octobre 2026 : LinkedIn, aide : Best practices for content created with the help of AI ; LinkedIn, aide : Share feedback on AI slop ; LinkedIn, How LinkedIn is tackling AI slop (15 septembre 2026) ; LinkedIn, aide : Post proofreader for LinkedIn posts ; LinkedIn, conditions d’utilisation (en vigueur le 3 novembre 2025), section 3.6 ; LinkedIn, aide : Content credentials ; LinkedIn, aide : False or misleading content ; LinkedIn, aide : Schedule posts ; OpenAI, aide : Provenance signals in OpenAI-generated content ; Commission européenne, AI Act Service Desk : article 50 ; Commission européenne, lignes directrices sur les obligations de transparence (application au 2 août 2026) ; Légifrance, code pénal, article 226-8 ; Service-public.fr, droit à l’image et respect de la vie privée.

Un cas précis dans votre entreprise ?

Décrivez la tâche, les outils que vous utilisez déjà et ce qui bloque. Nous regarderons ensemble ce qui peut être confié à l’IA, et ce qui doit rester entre vos mains.

Écrit par Andrei Chirtes, fondateur de 2Cafés, à Bellenaves (Allier). Création, hébergement et maintenance de sites WordPress, et accompagnement IA pour les TPE et PME.

À lire ensuite

2Cafés — Bellenaves, Allier. Votre site sous contrôle pour le prix de Deux Cafés.